Le racisme expliqué à ma fille

    "Le racisme expliqué à ma fille" a été écrit en 1997, à la suite d’un vaste mouvement de protestation suscité par la présentation d’un projet de loi, la loi Debré, proposée justement par M. Jean-Louis Debré, Ministre de l’Intérieur, sous la présidence de M. Jacques Chirac, particulièrement discriminatoire envers les étrangers et les familles d’origine étrangère installées en France: selon ce projet de loi, une personne désirant recevoir chez elle un étranger doit demander au maire de sa commune un certificat d’hébergement; en outre, l’hébergeant est tenu de signaler à la mairie le départ de son hôte. C’est en allant manifester avec sa fille contre le projet de cette loi que Tahar Ben Jelloun a eu l’idée d’écrire ce livre; sa fille Mérième, dix ans, a lui posé beaucoup de questions: pourquoi on manifestait , ce que signifiaient certains slogans, si cela servait à quelque chose de défiler dans la rue en protestant. Alors il a décidé d’écrire un livre avec les questions de Mérième et ses propres réponses. Dans ce dialogue avec sa fille, clair, simple et objectif, il analyse, dans une langue simple et qui se veut à la portée de tous, surtout parce que l’auteur l’a destiné en priorité aux enfants entre huit et quatorze ans, les ressorts du sentiment raciste, mais aussi tous les événements tragiques de notre histoire, nés de la peur et du refus de l’autre: un sentiment de méfiance naturel à tous les hommes et à toutes les sociétés, qui devient incontrôlable quand il est exploité à des fins politiques. Cette réflexion sur l’homme et son histoire est aussi un appel à la vigilance, pour que les drames nés du racisme et du refus de l’autre ne se répètent plus.

 

 

Les thèmes: Tahar Ben Jelloun a écrit: “Je suis parti du principe que la lutte contre le racisme commence avec l’éducation. On peut éduquer des enfants, pas des adultes. C’est pour cela que ce texte a été pensé et écrit dans un souci pédagogique”. Commençons donc par dire que ce livre sert principalement aux adultes qui veulent répondre aux questions de leurs enfants avec besoin de clarté et simplicité, pour les éduquer à ne pas être racistes. Dans le premier chapitre, en effet, Ben Jelloun dit que la nature spontanée des enfants n’est pas raciste: il est persuadé, et je suis totalement d’accord, que le racisme vient de l’éducation que l’on reçoit; ce sont les parents, les profs et quelquefois la télé qui contribuent à cette éducation. Dans ce but du livre, nous trouvons beaucoup de thèmes importants, tous analysés minutieusement. Je veux les approfondir un à un. Tout le livre est centré sur le racisme, un comportement qui consiste à se méfier des personnes ayant des caractéristiques physiques et culturelles différentes des nôtres. Il naît principalement du préjugé, quand une personne juge les autres avant de les connaître; il croit savoir d’avance ce qu’ils sont et ce qu’ils valent. Mais, ce qui est très important, c'est que souvent elle se trompe! Autre chose significative qui fait naître le racisme est la peur, parce que le raciste a peur de celui qui ne lui ressemble pas: beaucoup d'hommes politiques, malheureusement, ont utilisé et utilisent ce sentiment pour justifier leur idées racistes et faire des disciples. Même l’ignorance, le refus et la bêtise font naître le racisme. Le livre parle aussi de la discrimination, qui veut dire séparer un groupe social ou éthnique des autres en le traitant mal; la science peut expliquer les différences physiques, mais il n’y a pas de preuves scientifiques au racisme. Nous ne devons pas confondre ces deux choses! Autre thème est la différence: les différences socioculturelles, qui sont une richesse pour un pays d’accueil, doivent être préservées. La France, pays à forte immigration, avait choisi dans un premier temps une politique d’assimilation des immigrés; aujourd’hui, on prône l’intégration. Le premier mot veut dire faire propre des valeurs et des traditions avec l’échange et l’approfondissement culturel; le deuxième veut dire entrer en une communité et s’adapter constamment. Deux choses un peu différentes. Tahar Ben Jelloun analyse après l’antisémitisme, très probablement la plus grave forme de discrimination de l’histoire, et d’extermination. Très important est de plus le raisonnement psychologique que l’auteur fait vers la moitié du livre: “Le fait d’avoir souffert de l’injustice ne rend pas forcément juste. Un homme qui a été victime de racisme pourrait, dans certains cas, céder à la tentation raciste”. Cette phrase est vraiment significative: souvent, parce qu’on a souffert, nous nous sentons légitimés à mettre à exécution, par faute de la haine, une sorte de vengeance. Et ça fait développer énormément le racisme. Ben Jelloun donne une particulière attention aux mots, qui peuvent être dangereux: il faut renoncer aux idées toutes faites, à certains dictons qui vont dans le sens de la généralisation et par conséquent du racisme. Mais il y a une petite erreur: Mérième, à la fin du livre, dit que le raciste est un salaud; ce mot faible a été très contesté par divers lecteurs. L’auteur veut partout souligner que le racisme ne regarde pas seulement les blancs contre les noirs, mais aussi les noirs contre les blancs, et même d'autres communités.

 

 

 

 

 

Numéro d'appel contre les disciminations raciales: 114

 

 

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site